Bande Dessinée

Le Festival de Gérardmer présentera cette année à la Maison de la Culture et des Loisirs une exposition de plusieurs œuvres de Quentin Faucompré.

Quentin Faucompré

Illustration numéro1 Quentin

Illustration numéro 2 Quentin Faucompré

Illustration numéro 3 Quentin Faucompré

"Pour Quentin Faucompré, aller voir ailleurs tiendrait presque du postulat.
Depuis une décennie, le dessinateur multiplie les champs d'action, décloisonnant sans trêve, considérant son langage graphique comme une peau à frotter contre l'Autre.
Très vite, il mène de front expositions, performances et publications personnelles, tout en collaborant régulièrement avec des metteurs en scène de théâtre ou des auteurs littéraires.
En parallèle, il poursuit une réflexion éditoriale remarquable : conçus en complicité avec l'éditeur Frédéric Déjean et le dessinateur Guillaume Dégé, les deux épais volumes du Grand Hôtel Orbis réunissent une quarantaine d'artistes, de Glen Baxter à Bruno Peinado, de Charles Burns à Danny Steve, de Pierre La Police à Stéphane Calais, un vaste panorama qui témoigne bien de la place affriolante qu'occupe aujourd'hui le dessin dans l'art contemporain et la bande dessinée indépendante.
Au sein de ces expérimentations diverses, la performance joue le rôle d'un catalyseur explosif : Quentin Faucompré y court-circuite encore les genres, comme dans Tromaganda (2008).
Objet mutant entre concert, wall drawing, lecture, installation et séance de paint ball, cette performance pourfendeuse du ronron culturel fut aussi l'occasion d'une rencontre électrique avec Charles Pennequin, poète, Pakito Bolino, éditeur au Dernier Cri, dessinateur et musicien, et Eric Pifeteau, batteur apocalyptique.
Question publication enfin, les dessins de Quentin Faucompré figurent au sommaire de revues telles Ferraille, Hopital Brut, R de Réel ou encore la revue au titre caméléon Moufle : parfois seuls, parfois combinés en planche d'une page, ils savent aussi s'inscrire dans des schémas sériels ou narratifs plus amples, marqués par un élan profond pour le réel sans parole.
On y croise Guillaume Tell et son fils qui réinventent ensemble la plasticité de la pomme (La Sixième Pomme, Editions MeMo, 2004), des moines qui méditent à la frontière du vide et sèment le chaos (Hunting, Fishing Nature and Traditions, Les Requins Marteaux, 2006) ou encore des femmes en burka qui jouent à colin-maillard (Fantaisie Printanière, L'Atalante, 2008).
Les symboles (religieux, moraux, psychanalytiques) sont souvent pervertis avec un humour froid. La dilatation de certaines séquences, les ellipses narratives, les scènes de mises au détail - éléments de description et de pause - et la contemplation insistante des étendues de paysages hors-champ donnent au lecteur la sensation d’évoluer dans un rêve.
Formellement, le trait est souple, la ligne claire, et la palette chromatique empreinte d'une douceur aquarellée, pastel ou acidulée.
L’auteur avance caché, apprivoisant la violence latente des rituels qu'il met en scène par la ligne fluide de son dessin, ouvrant discrètement des zones de friction, des dialogues intrigants.
Une autre possibilité, en soi, d'aller voir ailleurs."